Vision18 avril 2026· 5 min de lecture

Pourquoi nous avons créé Publi-Score

« Pour lutter contre la désinformation scientifique, il fallait un outil que tout le monde pouvait comprendre. »

Le problème

En 2020 et 2021, des milliers de publications scientifiques ont émergé en quelques mois sur un seul sujet. Des études disaient que tel médicament fonctionnait. D'autres disaient le contraire. Toutes étaient « publiées ». Toutes avaient des « chiffres ». Toutes pouvaient être citées.

Face à cette avalanche, journalistes, médecins et patients se retrouvaient sans outils pour trancher. La question n'était plus « y a-t-il une étude qui dit ça ? » — il y en avait toujours une. La vraie question était : cette étude vaut-elle quelque chose ?

La désinformation scientifique n'est pas toujours un problème de mauvaise foi. C'est souvent un problème d'outils manquants. Quand personne n'a les moyens d'évaluer la qualité d'une preuve, n'importe quelle publication peut passer pour une vérité.

Notre réponse : mesurer le processus, pas les résultats

Yuka n'évalue pas si vous aimerez le goût d'un yaourt. Il évalue sa composition : sucre, additifs, sel. Le Nutri-Score ne dit pas si une recette est bonne — il dit si elle est équilibrée selon des critères nutritionnels documentés.

Publi-Score fait la même chose pour les articles scientifiques. Nous évaluons le processus qui a produit les résultats :

  • ·L'étude a-t-elle été pré-enregistrée avant de commencer, ou les hypothèses ont-elles été formulées après avoir vu les données ?
  • ·Les données brutes sont-elles accessibles pour vérification indépendante ?
  • ·Le financement est-il indépendant du fabricant du produit testé ?
  • ·Le groupe comparaison est-il approprié ? L'échantillon est-il suffisamment grand ?

Nous ne disons pas si un médicament fonctionne. Nous ne disons pas si les auteurs ont raison. Nous disons si l'étude a respecté les règles du jeu qui rendent un résultat crédible.

Un thermomètre peut être précis ou imprécis — cela n'a rien à voir avec la température qu'il mesure. De même, une étude peut avoir des résultats vrais et une méthodologie fragile, ou des résultats faux et une méthodologie impeccable. Publi-Score mesure la qualité du thermomètre, pas la température.

Trois principes non négociables

1

Gratuit pour toujours

La qualité de la preuve scientifique ne peut pas être derrière un paywall. Savoir si une étude est méthodologiquement solide est une information citoyenne, pas un service premium. Le score rapide sera toujours gratuit, sans compte, sans limite.

2

Indépendant

Aucune publicité. Aucun financement industriel. Aucune institution qui décide du score. La grille de scoring est publique, documentée, contestable. Nos financements viennent uniquement des abonnements Premium — et non des acteurs dont nous évaluons la recherche.

3

Neutre directionnellement

La conclusion d'une étude — positive, négative, significative ou non — n'influence jamais son Publi-Score. Une étude bien conduite qui montre qu'un médicament ne fonctionne pas obtient le même score qu'une étude bien conduite qui montre qu'il fonctionne. C'est le processus qui compte, pas le résultat.

Sur quoi repose la grille ?

La grille Publi-Score v1 s'appuie sur des standards internationaux reconnus : les critères CONSORT pour les essais cliniques randomisés, PRISMA pour les méta-analyses et revues systématiques, l'outil RoB 2 (Risk of Bias) de la Cochrane Collaboration, et les recommandations GRADE pour l'évaluation du niveau de preuve.

La grille couvre 7 catégories et 30+ sous-critères. Elle a fait l'objet d'une validation sur un corpus de publications connues (essais de référence, méta-analyses Cochrane, études controversées) et d'un dépôt e-Soleau pour en dater la création.

Elle n'est pas parfaite. Aucune grille ne l'est. Nos limites sont documentées publiquement dans la page transparence. Nous les assumons, nous les corrigeons itérativement.

La suite

Publi-Score est en accès public depuis mars 2026. Les prochaines étapes sont, dans l'ordre : enrichir le catalogue avec des centaines de publications scorées par IA, ouvrir l'accès institutionnel (laboratoires, rédactions, organismes de santé), et progressivement étendre la grille aux disciplines hors biomédecine.

Si vous pensez que la science mérite mieux que des titres simplifiés, c'est la même chose que nous pensons. Essayez l'outil sur un article qui vous tient à cœur.